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Je ne voyage pas pour aller quelque part , mais pour voyager
Je voyage pour le plaisir du voyage
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d'éprouver d'un peu plus près les nécessités et les aléas de la vie
de quitter le lit douillet de la civilisation et de sentir sous ses pieds le granit terrestre avec par endroits , le coupant du silex .
Robert Louis Stevenson " Voyage en Cévennes "

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mardi 30 mai 2017

Abbaye de Fonfroide : église abbatiale , chapelle St Bernard , salle du chapitre

Abbaye de Fonfroide Aude Occitanie" coté roseraie "
Eglise Abbatiale 
Avec sa voûte en berceau brisé, elle constitue un remarquable exemple de l'architecture cistercienne , au style sobre et épuré " transition du roman et du gothique"
Les moines se rendaient quotidiennement à l'église pour les prières fixées par la règle de St Benoît et selon la division romaine de la journée :
vigiles " entre 2 et 2 heures du matin "
matines "à l'aube"
laudes "à l'aube "
prime "première heure de la journée"
tierce "troisième heure de la journée"
sexte " sixième heure de la journée"
none "neuvième heure de la journée "
vêpres " au crépuscule "
complies " avant le coucher "
Une messe conventuelle , à laquelle toute la communauté assiste , a lieu entre tierce et sexte les dimanches et jours de fête
De toutes les églises cisterciennes édifiées dans la deuxième moitiédu XIIe s , l'abbatiale de Fonfroide est l'une des plus hautes " 20 mètres de haut -53 mètres de long "
Grande rosace  elle symbolise la création du monde
Les vitraux de l'église 
Loin de l'idéal  d'austérité et de dépouillement cistercien , ne tolérant  que des verres en grisaille , les vitraux actuels nous permettent d'imaginer ce qu'est la vie artistique de Fonfroide au début du XXe s
Gustave Fayet après l'acquisition de l'abbaye , décide de combler les ouvertures alors béantes par des vitraux très colorés 
Il confie la tâche de réaliser ces vitraux  à Richard Burgsthal , l'un de ses nombreux amis artistes , alors peintre et musicien de passage à Fonfroide en 1908, et qui achève ses travaux après la mort de Gustave Fayet intervenue en 1925
Ils installent à Bièvres la " verrerie des sablons " où l'ensemble des vitraux de l'église est créé à partir de 1913.
Le style de ces vitraux , leurs couleurs éblouissantes , rappellent ceux des ballets russes qui triomphent à Paris en ce début du XXes 
De même , la grande rosace de la façade ouest symbolise la création du monde , Dieu le Père apparaissant en majesté , entouré des signes zodiacaux
Une série de cinq vitraux sur le collatéral nord présente une certaine originalité par son thème et l'unité des teintes 
Ils représentent pas des scènes de la vie de St Bernard , figure modèle des cisterciens mais quelques-unes de la vie de Stb François d'Assise , le fondateur des Frères Mineurs , dans un subtil jeu de tonalités vertes ( cliché ci-dessus )
Chapelle des Morts ou St Bernard
Cette chapelle construite au XIIIe s à la demande d'Olivier de Termes , un des plus fidèles bienfaiteurs de l'abbaye 
Il lègue dans son testament la plupart de ses biens à l'abbaye
Croix de pierre ou calvaire , illustrées sur deux faces d'un coté le Christ et de l'autre une Vierge au diadème 
Vitaux contemporains réalisés en 2009 par Kim En Joong
Salle du Chapitre
On retrouve dans la salle du chapitre les mêmes croisées que dans le transept ou le choeur de l'église 
Au centre , neuf arcs romans et croisées de tores sont soutenus par quatre colonnes de marbre aux chapiteaux ornés de deux rangs de feuilles plates , représentation du "citel"le roseau d'eau des étangs de Bourgogne qui a donné son nom à Citeaux
Tous les matins , la communauté monastique se retrouvait ici pour chanter " prime " la première heure du jour 
Assis autour du père abbé , les moines écoutent ensuite la lecture du martyrologe " évocation des Saints à commémorer les jours suivants ", avant celle d'un chapitre de la règle de St Benoîtou " capitula" 
Cette dernière lecture donne le nom de chapitre à l'assemblée et au lieu où elle se tient
C'est également à cette occasion que le travail quotidien et la répartition des tâches sont établis et que les sujets relatifs à la vie de l'abbaye sont évoqués
La tenue du chapitre s'achève par la confession publique des manquements faits à la règle ou "" mea culpa""
"Sana "
Oeuvre du sculpteur catalan Jaume Plensa 

samedi 27 mai 2017

Abbaye de Fonfroide : Cour d'honneur , le char d'Apollon ,la chapelle des Etrangers , le réfectoire et la ruelle des Convers ,la cour de travail ,le cellier et sa porte Romane


La cour d'honneur
Cette dernière est aménagée entre le XVIe et le XVIIIe
Au premier étage , des logis abbatiaux remplacent les deux tiers d'un ancien dortoir 
Le porche et l'arcature à trois baies classiques , sont installés au XVIIIe 
Les Frégose font probablement aménager des Jardins à l'italienne derrière le mur ouest " XVIe/XVIIe "
Dans un contexte  de remise en question du monachisme chrétien , différents ordres monastiques apparaissent entre le XIe et le XIIe , car les religieux souhaitent retrouver l'esprit de la règle de St Benoît (VIe )
Ainsi l'ordre cistercien se développe durant le XIIe depuis l'Abbaye de Cîteaux ( Bourgogne 1098 ) essentiellement grâce à St Bernard de Clairvaux ( décédé en 1153) 
Fonfroide , fondée en 1093 , rejoint quant à elle cet ordre en 1145
La communauté de Fonfroide progresse rapidement 
Grâce à de nombreuses donations seigneuriales et malgré un ralentissement au début du XIIIe, le domaine foncier s'étend pour atteindre 30000 ha  entre Béziers et l'Espagne .
Cette période faste dure jusqu'à la moitié du XIVe
La peste noire , qui atteint Narbonne dès février 1348 , va emporter  la quasi totalité de la communauté
Du XVe à la Révolution Française, Fonfroide vit sous un régime de la commende( 1476) 
Ce système complexe confie la gestion financière sans fonction liturgique à des "abbés" commendataires , nommés par le pape , puis après le concordat de Bologne " 1516" , par le Roi de France
Surtout ce système attribue à son titulaire le bénéfice des revenus de l'abbaye , lequel ne reverse souvent que le minimum à la communauté
Celle-ci s'appauvrit et diminue en nombre
Il ne reste plus que sept moines en 1594  qui perçoivent plus ou moins la moitié des revenus de l'abbaye ( mense conventuelle)
L'autre moitié va aux abbés commendataires ( mense abbatiale )
Trois familles accaparent ainsi une partie des bâtiments et les réaménagent :
la famille des Narbonne-Lara de 1476 à 1531
la famille italienne des Frégose entre 1548 et 1646 
et la famille des La Rochefoucauld entre 1667 et 1717
En résumé :
1093 : fondation de l'abbaye
1145 : Affiliation à l'ordre de Citeaux lors de la venue de St Bernard de Claivaux en Languedoc 
1348: La peste noire réduit la communauté à une vingtaine de moines
1476 : Fonfroide tombe en commende , la communauté est dirigée sur place par un abbé commendataire nommé par le pape puis par le roi
1791 : Abandon de l'Abbaye durant la Révolution Française
1843 :Travaux de restauration sous la direction de Viollet le Duc et premiers classements Monument Historique par Prosper Mérimée
1858 : Les cisterciens  de l'Immaculée Conception installent dans le plus grand dénuement une nouvelle communauté à Fonfroide
1901 : Exil de la communauté de Fonfroide en Espagne , abandon de l'Abbaye
1908 : Gustave et Madeleine  Fayet rachètent l'abbaye de Fonfroide
Leurs descendants continuent d'entretenir ce lieu et de transmettre son histoire  
La chapelle des Etrangers
Séparé de l'ensemble des bâtiments cet édifice est le seul restant des débuts pré-cisterciens de Fonfroide 
C'est probablement la première chapelle de l'abbaye avant de servir à partir du XIIe de chapelle destinée aux visiteurs et aux pèlerins n'ayant pas accès à l'église abbatiale 
La chapelle des Etrangers abrite aujourd'hui à l'étage la salle Gustave Fayet où sont exposées des oeuvres du sauveteur de Fonfroide 
Intégré à la chapelle des Etrangers
La chapelle des Etrangers
Porte Romane donnant accès au cellier , ainsi que le cliché suivant
La Porte Romane était l'unique entrée de l'abbaye au Moyen Age 
Le cellier ainsi que le cliché suivant
Salle basse , voûtée avec de vastes proportions , aux murs épais pour préserver la fraîcheur de la nourriture 
Ruelle des convers 
Le couloir longeant le cellier appelé " ruelle des convers " marque la frontière entre les bâtiments conventuels et les bâtiments des convers 
Il permet aux frères conversd'accéder au cellier et de se rendre à l'église sans déranger l'office chanté par les moines , installés dans la partie opposée de la nef
Très peu d'abbayes cisterciennes  ont conservé leur ruelle
Celle-ci en demi-berceau est unique
Réfectoire des convers
Réfectoire des convers coté donnant accès au  jardin d'Apollon à gauche la cour d'honneur et à droite accès à la cour de travail
Ce réfectoire , construit à la fin du XIIe peut recevoir jusqu'à 200 /250 convers à son apogée 
Au Moyen Age , le réfectoire est beaucoup plus sombre 
Les trois grandes ouvertures sont postérieures au XVe 
A l'origine , on pénètre ici par la petit porte jouxtant la cheminée 
Cette cheminée de style renaissance vient du château des Ducs de Montmorency à Pézenas , détruit au XVIIe 
Gustave Fayet l'ajoute au début du XXe , à titre purement décoratif 
Ce réfectoire n'a jamais été chauffé, en effet au Moyen Age , les seules parties chauffées d'un monastère sont la forge , les cuisines , la boulangerie , le scriptorium et l'infirmerie , mais les réfectoires et les dortoirs  ne le sont pas
Les grilles en fer forgé au motif de pampre sont également installées par Gustave Fayet au début du XXe s
Les abbayes cisterciennes abritent des moines et des frères convers 
Selon la Règle de St Benoît, les moines ne doivent pas quitter l'enceinte du monastère et par conséquent ne peuvent pas aller travailler sur les exploitations fermières où l'on produit tout ce qui est nécessaire à la vie autarcique du monastère ( élevage , agriculture ou viticulture )
Pour remplir  les tâches agricoles au sein de ces granges , l'ordre systématise l'emploi des ""frères convers "" 
Ces derniers d'origine paysanne et illettrés , ont des obligations liturgiques réduites : un office seulement le samedi , le dimanche et les jours de fêtes religieuses( contre sept à huit heures de prières et d'oraisons quotidiennes pour les moines)
Réfectoire coté grille donnant sur le jardin d'Apollon 
Réfectoire coté donnant sur le jardin d'Apollon 
La cour de travail " ou  ( cour Louis XIV )
Au Moyen Age , cette cour abrite des ateliers ; forge , menuiserie boulangerie centrées autour du puits , véritable citerne où coule une eau  très froide origine toponyme du nom "Fonfroide " fons frigidus 
La pierre utilisée dès l'origine pour construire l'abbaye est essentiellement du grès 
Bien que résistante , elle reste sensible aux variations climatiques et thermiques 
La variété de couleurs s'explique par l'exposition au soleil et l'exploitation de différentes carrières au fil du temps 
La cour , prend son aspect actuel rectangulaire et de style classique à la fin du XVIIIe s , quand il ne reste plus que quelques moines et plus aucun frère convers  
Puits , véritable citerne où coule une eau très froide , origine toponyme du nom de Fonfroide " fons frigidus "
Puits et buis
Cour de travail , buis et puits
Buis et arbousiers
Arbousier
Arbousiers
Intégré dans l'un des murs de la cour de travail